Le brassage interchromosomique mélange des chromosomes entiers : il vient de la séparation indépendante des paires de chromosomes homologues pendant la première division de méiose. Le brassage intrachromosomique mélange les allèles d’un même chromosome : il vient des crossing-over de la prophase I.
Par Stéphane Varaire, enseignant de SVT · Spécialité SVT Terminale, chapitre « Génotypes et complexification du génome » · Mis à jour le 9 octobre 2026
Les deux mécanismes ont lieu pendant la méiose et produisent des gamètes génétiquement différents. Ils ne créent aucun nouvel allèle : ils créent de nouvelles combinaisons d’allèles déjà présents chez le parent. La fécondation ajoute ensuite un troisième niveau de brassage.
Le brassage interchromosomique
En métaphase I, chaque paire de chromosomes homologues se place sur le plan équatorial. L’orientation d’une paire ne dépend pas de celle des autres. En anaphase I, les homologues se séparent donc de façon indépendante d’une paire à l’autre : chaque gamète reçoit au hasard l’un ou l’autre chromosome de chaque paire.
Avec n paires de chromosomes, un individu peut ainsi produire 2n combinaisons de chromosomes dans ses gamètes. Pour l’espèce humaine (23 paires), cela fait 223, soit plus de 8 millions de gamètes différents, sans même compter les crossing-over.
Ce brassage concerne les gènes indépendants, c’est-à-dire situés sur des paires de chromosomes différentes.
Le brassage intrachromosomique
En prophase I, les chromosomes homologues s’apparient. Deux chromatides non sœurs, une de chaque chromosome homologue, peuvent alors se croiser et échanger des fragments : c’est le crossing-over (ou enjambement). Les chromatides remaniées portent de nouvelles associations d’allèles sur un même chromosome.
Un crossing-over n’implique que deux des quatre chromatides de la paire, et il n’a pas lieu à chaque méiose entre deux gènes donnés. Les gamètes recombinés restent donc toujours moins nombreux (moins de 50 %) que les gamètes de type parental. Plus deux gènes sont éloignés sur le chromosome, plus un crossing-over entre eux est probable, et plus la proportion de recombinés augmente.
Ce brassage concerne les gènes liés, c’est-à-dire portés par la même paire de chromosomes.
| Brassage interchromosomique | Brassage intrachromosomique | |
|---|---|---|
| Moment de la méiose | Anaphase I (orientation fixée en métaphase I) | Prophase I |
| Mécanisme | Séparation indépendante des paires d’homologues | Crossing-over entre chromatides de chromosomes homologues |
| Gènes concernés | Gènes indépendants (paires différentes) | Gènes liés (même paire) |
| Gamètes d’un double hétérozygote | 4 types en proportions égales (25 % chacun) | 4 types : parentaux majoritaires, recombinés minoritaires |
Schéma du brassage génétique à savoir refaire
Au bac, on attend un schéma de méiose simple, légendé et titré. Prenez une cellule à 2n = 4 et deux gènes A et B, chaque gène ayant deux allèles (A1/A2, B1/B2).
- Gènes indépendants : placez A sur la paire 1 et B sur la paire 2. Dessinez les deux dispositions possibles des paires en métaphase I, puis les gamètes de chaque cas : (A1 B1) et (A2 B2) d’un côté, (A1 B2) et (A2 B1) de l’autre.
- Gènes liés : placez A et B sur la même paire. Dessinez les homologues appariés en prophase I, avec un chiasma entre les deux locus sur deux chromatides seulement.
- Représentez les quatre cellules obtenues après les deux divisions, chacune avec une seule chromatide de la paire : deux de type parental (A1 B1) et (A2 B2), deux recombinées (A1 B2) et (A2 B1).
- Utilisez deux couleurs, une par parent, pour que l’échange de fragments soit visible. Légendez chromosome, chromatide, locus, chiasma, et nommez la phase de chaque étape.
Les schémas complets (répartition aléatoire des homologues et brassage intrachromosomique) se trouvent dans le cours : Transmission et brassage des génotypes au cours de la reproduction sexuée.
Reconnaître les deux brassages dans un test-cross
Un test-cross croise un individu double hétérozygote avec un individu homozygote récessif pour les deux gènes. Ce second parent ne fournit qu’un seul type de gamète, porteur des allèles récessifs : le phénotype de chaque descendant révèle donc directement le gamète produit par le parent hétérozygote. Les proportions des phénotypes obtenus sont celles de ses gamètes.
- Quatre phénotypes à environ 25 % chacun : les gènes sont indépendants, c’est le brassage interchromosomique.
- Deux phénotypes parentaux nettement majoritaires et deux phénotypes recombinés minoritaires : les gènes sont liés, les recombinés viennent des crossing-over (brassage intrachromosomique).
- Seulement les deux phénotypes parentaux, à 50 % chacun : les gènes sont liés et si proches qu’aucun crossing-over ne s’est produit entre eux.
Exemple chiffré, construit pour l’entraînement : sur 1 000 descendants d’un test-cross, on compte 412 et 405 individus de phénotype parental, 93 et 90 de phénotype recombiné. Les parentaux représentent 81,7 % des descendants, les recombinés 18,3 %. Les proportions ne sont pas équiprobables et les phénotypes parentaux dominent : les deux gènes sont liés, et des crossing-over se sont produits entre leurs locus dans une partie des méioses.
Les erreurs qui coûtent des points
- Écrire que le crossing-over a lieu entre chromatides sœurs : il se produit entre chromatides de deux chromosomes homologues.
- Situer le brassage interchromosomique en mitose ou en deuxième division de méiose : c’est la séparation des homologues en anaphase I qui le produit.
- Conclure à des gènes liés quand les quatre phénotypes sont équiprobables, ou l’inverse.
- Confondre brassage et mutation : le brassage ne crée pas de nouvel allèle, il les réassocie.
- Oublier la fécondation : la rencontre au hasard des gamètes multiplie encore les combinaisons possibles.
Ce qu’il faut savoir écrire au bac
« La méiose brasse les allèles parentaux de deux façons. En prophase I, les crossing-over entre chromatides de chromosomes homologues créent de nouvelles associations d’allèles sur un même chromosome : c’est le brassage intrachromosomique, qui concerne les gènes liés. En anaphase I, la séparation indépendante des paires d’homologues répartit au hasard l’un ou l’autre chromosome de chaque paire dans les cellules filles : c’est le brassage interchromosomique, qui concerne les gènes indépendants. La fécondation, en réunissant au hasard deux gamètes, amplifie cette diversité. Chaque gamète est ainsi génétiquement unique. »
Questions fréquentes
Le brassage intrachromosomique a-t-il lieu avant le brassage interchromosomique ?
Oui. Les crossing-over ont lieu en prophase I, alors que la séparation des homologues a lieu en anaphase I. Les chromosomes qui se séparent en anaphase I portent donc déjà, pour certains, des chromatides recombinées.
Pourquoi les recombinés représentent-ils toujours moins de 50 % des gamètes ?
Parce qu’un crossing-over ne concerne que deux des quatre chromatides d’une paire d’homologues, et qu’il ne se produit pas à chaque méiose entre deux gènes donnés. Les gamètes de type parental restent donc majoritaires.
Quelle différence avec la mitose ?
La mitose ne brasse rien : elle produit deux cellules génétiquement identiques à la cellule mère. Le brassage est propre à la méiose et à la fécondation. Voir la différence entre mitose et méiose.
Cours associé : Transmission et brassage des génotypes au cours de la reproduction sexuée
Pour revoir les bases de la méiose (Première) : Les divisions cellulaires des eucaryotes


