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II/ Le stress chronique.

Si l’exposition aux agents stresseurs est trop répétée et/ou prolongée, les mécanismes physiologiques du stress aigu peuvent se dérègler : C’est le stress chronique.

Ce stress conduit à différentes pathologies mais des solutions existent.

A) Conséquences pour l'organisme du stress chronique.

1) Des modifications cérébrales.

Lorsqu’il y a une exposition excessive aux agents stresseurs, il y a une stimulation importante de l’axe corticotrope et donc une sécrétion excessive des hormones CRH, ACTH, cortisol et adrénaline. Ces hausses hormonales peuvent conduire progressivement à des modifications structurales du cerveau.

L’étude comparative de cerveaux de patients atteints de stress chronique et de patients témoins (via des IRM ou post-mortem) montre des modifications du volume de certaines régions cérébrales en cas d’agents stresseurs répétés et/ou durables. 

Certaines régions ont un volume qui diminue sous l’effet du stress :
-L'hippocampe qui est impliqué dans la mémoire et les apprentissages et qui freine l’axe corticotrope.
-Les régions préfrontales qui gèrent la flexibilité mentale et freinent également l’axe corticotrope.
Au niveau cellulaire, ces diminutions de tailles s’accompagnent d’une diminution de la neurogénèse et d’une diminution du nombre de dendrites, donc d’une diminution des connexions entre neurones.

Au contraire, le volume de l’amygdale augmente sous l’effet du stress. L'amygdale gère les émotions (dont l’anxiété), gère les comportements routiniers, et a un effet stimulateur sur l’axe corticotrope.
Au niveau cellulaire on observe une augmentation du nombre de dendrites dans l’amygdale, donc une augmentation des connexions entre neurones.

De plus, au sein de l’hypothalamus, l’expression des récepteurs « GABA » et des récepteurs au cortisol diminue sous l’effet d’une exposition prolongée au stress. Or, ces récepteurs inhibent la production de CRH par l’hypothalamus.

Ces modifications peuvent donc entrainer une suractivité de l’axe corticotrope, qui sera trop stimulé par l’amygdale, et qui ne sera plus suffisamment régulée à cause de la diminution des « freins » hormonaux et neuronaux (cortex préfrontal, hippocampe, cortisol) : On parle de plasticité cérébrale mal-adaptative car elle empêche le retour à un état d’équilibre (résilience) face aux agents stresseurs.
On peut ainsi avoir une boucle d’amplification qui se met en place :
Trop d’hormones du stress => moins de freins sur l’axe corticotrope => encore plus d’hormones du stress => etc.
Ceci explique que le stress chronique est une maladie qui s’auto-entretient.

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Bilan des interactions neuronales et hormonales impactant l’activité de l’hypothalamus.

2) Des pathologies qui en découlent.

Ces modifications et la production accrue des hormones surrénaliennes conduisent à différentes pathologies.

A cause des modifications cérébrales (du système limbique et du cortex préfrontal), le stress chronique peut conduire à différentes perturbations psychologiques : dépression, trouble du sommeil, addictions, perturbations de l’attention, de la mémoire et des performances cognitives…
En retour, la dépression, en diminuant le rétrocontrôle négatif, augmente le taux de cortisol et alimente donc le stress chronique.

De plus, le stress chronique peut avoir des conséquences sur la santé physique de l’individu : l’hypersécrétion de cortisol et d’adrénaline modifie le métabolisme, ce qui peut contribuer à l’obésité, au diabète, ou à une hypertension artérielle. Ces pathologies constituent des facteurs de risque pour le système cardio-vasculaire.

De plus, nous avons vu que les mécanismes du stress diminuent l’activité du système immunitaire, ce qui rend l’individu plus vulnérable face aux infections diverses.

B) Des solutions pour traiter le stress chronique.

1) Traitements médicamenteux.

Les benzodiazépines sont utilisées pour calmer l'anxiété (anxiolytique) ainsi que l'agitation motrice exagérée (myorelaxant).

Les benzodiazépines agissent sur les neurones à GABA : il s’agit de neurones inhibiteurs qui utilisent le GABA comme neurotransmetteur. Les benzodiazépines augmentent cet effet inhibiteur en favorisant la fixation du GABA sur ses récepteurs spécifiques.

Les benzodiazépines permettent ainsi une meilleure inhibition de l’hypothalamus et donc une meilleure régulation de la production des hormones du stress (adrénaline et cortisol).

Cependant, ces médicaments ne sont pas sans conséquence car ils provoquent des effets secondaires. Ils provoquent une forte addiction, une somnolence (effet somnifère), des troubles de l'attention et des oublis (effet amnésiant).

2) Pratiques non médicamenteuses.

Il existe de nombreuses alternatives non médicamenteuses permettant de limiter le stress chronique :
-L’activité physique contrecarre les effets du stress y compris sur le cerveau.
-Des pratiques de relaxation (respiration profonde, méditation, …) permettent également de diminuer les symptômes.
-L’hypnose, qui est utilisée dans plusieurs pratiques médicales, peut également diminuer le stress chronique

3) Tous différents face au stress chronique.

Chaque individu réagit différemment aux agents stresseurs en fonction de nombreux facteurs :
-Facteurs psychologiques, sociaux, émotionnels….
-Facteurs génétiques : Des études sur les souris montrent que face à un même agent stresseur, certaines sont résilientes alors que d’autres souffrent de stress chronique. Chez l’Homme, on a pu montrer qu’en fonction de certains allèles portés, le risque de dépression est différent face à des agents stresseurs.