


Il existe des interactions entre les êtres vivants d’un écosystème. Dans certains cas, on observe une association étroite et durable entre deux êtres vivants d’espèces différentes. Si cette association profite aux deux partenaires, on a alors une symbiose (on parle de « bénéfice réciproque »).
La symbiose modifie les caractères des deux protagonistes. Ce mécanisme permet donc la diversification du vivant sans pour autant changer le génome des espèces concernées.
Par exemple, le lichen est issu d’une association d’une algue microscopique et d’un champignon filamenteux. Alors que l’algue apporte des molécules organiques obtenues par photosynthèse, le champignon permet de protéger l’algue et de lui fournir de l’eau en quantité suffisante.
Une telle association présente des caractéristiques complètement différentes par rapport à celles des deux protagonistes : par exemple, le lichen a une couleur et une forme totalement différente que l’algue ou le champignon. De plus, le lichen est capable de produire de la pariétine (une molécule jaune capable d’assurer une protection contre les UV), alors que ni l’algue ni le champignon n’en sont capables tous seuls.
Le lichen, un organisme symbiotique
Ces symbioses sont plus courantes que ce que l’on pense puisque la majorité des êtres vivants utilisent ce procédé. Chez l’Homme également il existe des symbioses : le microbiote intestinal est un ensemble d’organismes microscopiques qui nous permet notamment une digestion plus efficace.
Dans certains cas, on a une association étroite et durable entre deux êtres vivants d’espèces différentes, mais qui ne profite qu’à un seul des deux partenaires aux dépens de l’autre… On parle alors de parasitisme.
Ce mécanisme entraine lui aussi des modifications phénotypiques non induites par des causes génétiques. C’est le cas par exemple chez la coccinelle infectée par une larve de guêpe, qui va changer son comportement.
Les comportements acquis (totalement ou partiellement) sont issus d’un apprentissage.
Cet apprentissage se fait souvent des parents aux descendants : on parle de transmission comportementale « verticale ». Ce type de transmission permet de rendre certains comportements héréditaires.
Il peut aussi se réaliser au contact de congénères appartenant à la même génération : par exemple, un pinson que l’on élèverait avec des pipits acquiert progressivement le chant de ces derniers. Dans ce cas, on parle de transmission comportementale « horizontale ».
Mécanismes de transmission des comportements
Ces transmissions comportementales ont lieu grâce à un échange d’informations entre les individus concernés, ce qui passe par l’utilisation d’une communication intraspécifique (ou interspécifique dans des cas plus rares).
Chez les espèces ayant une vie sociale élaborée (les primates, par exemple), ces comportement acquis peuvent être très complexes et nombreux. Ils varient alors souvent d’une population à l’autre : on parle alors de « culture ».
Une culture est ainsi définie comme un ensemble de savoirs et de pratiques qui se partagent et se transmettent socialement au sein d’un groupe donné, sans héritage génétique.
La culture évolue au sein des populations de manière un peu similaire aux caractéristiques génétiques :
-De manière similaire aux mutations, de nouvelles pratiques peuvent apparaitre de façon aléatoire. On parle d’innovation.
-Comme avec la sélection naturelle, les pratiques qui fournissent un avantage aux individus pour leur survie ou leur reproduction sont sélectionnées positivement, et ont ainsi tendance à perdurer et à devenir plus fréquentes dans la population : on parle de sélection culturelle.
-Comme avec la dérive génétique, des pratiques peuvent se répandre ou disparaitre dans les populations de manière complètement aléatoire : c’est la dérive culturelle.
Chez les sociétés humaines, la culture est particulièrement développée du fait de la forte intelligence de notre espèce et de notre capacité à communiquer avec un langage complexe.
L’évolution culturelle dans nos sociétés est très rapide du fait de la présence de nombreux moyens d’échanges et de communication.
Le phénotype étendu est un concept selon lequel le phénotype s’étend au-delà de l’organisme lui-même, via des comportements qui affectent leur environnement (incluant les autres êtres vivants à proximité). Ces comportements peuvent être innés (donc intégralement contrôlés par des gènes), acquis par des procédés d’apprentissage, ou les deux à la fois.
Par exemple, certains animaux réalisent des constructions (toiles d’araignée, fourreaux des phryganes, nids des oiseaux, termitières, etc.), utilisant ainsi leur environnement inerte à leur profit.
Les comportements apportant un bénéfice aux animaux qui l’adoptent pour leur survie ou leur reproduction ont été sélectionnés au fil de l’évolution par la sélection naturelle.
Exemples d’utilisation de matériaux par des organismes vivants