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II/ Les variations climatiques anciennes (> 1 Ma).

A) Les indices permettant d’appréhender les climats anciens.

Plus l’époque est ancienne, moins il y a d’indices, et par conséquent plus il est difficile d’étudier son climat.
​​​​​​​Par exemple, aucune glace ni aucun pollen n’est vieux de plus d’un million d’années. Ainsi, on doit utiliser d’autres indices, de moins bonne résolution mais capables de perdurer pendant des millions d’années, voire des dizaines ou des centaines de millions d’années.

1) Les indices pétrologiques.

Certaines roches sédimentaires se forment uniquement en présence d’un certain climat. On suppose que les conditions de formation d’une roche sont restées les mêmes au cours des temps géologiques : les constatations actuelles sur les relations entre roches sédimentaires et climat sont donc valables aussi à des époques anciennes. Il s’agit du principe de l’actualisme.

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-Les tillites. Il s’agit de dépôts fluvio-glaciaires caractéristiques d’un climat très froid (présence de glaciers à proximité).

2) Les indices paléontologiques.

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Fossile de coraux

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Relation entre l’indice stomatique et le CO2 atmosphérique (Ginkgo)

3) Les indices isotopiques.

Certains microfossiles comme les foraminifères produisent des tests calcaires qui s’accumuleront dans les sédiments à la mort de l’organisme. Le rapport isotopique (18O/16O) de ces tests est proportionnel au rapport isotopique de l’eau de mer au moment de leur formation.
Étudier les rapports isotopiques des roches sédimentaires anciennes nous permet donc d’avoir accès au rapport isotopique de l’eau de mer de l’époque. Or celui-ci est corrélé à la température (cf. II-A-4).

B) Description des variations climatiques pendant trois périodes de l’Histoire de la Terre.

1) Le climat au Carbonifère (355 à 295 Ma) et Permien (295 à 250 Ma).

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Charbons et tillites au Carbonifère

2) Le climat au Crétacé (136 à 65 Ma).

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Bauxites, évaporites et charbons au Crétacé

3) Le climat au Cénozoïque (65 Ma à actuel).

Les analyses isotopiques réalisées dans les sédiments océaniques ont démontré la présence d’un important refroidissement pendant tout le Cénozoïque. On passe donc d’une période chaude (Crétacé) à une période froide (époque actuelle).

C) Causes des variations climatiques anciennes.

1) Modifications du cycle du carbone et de l’effet de serre.

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Le mécanisme de l’effet de serre

Le CO2 contient un atome de carbone : afin de comprendre ses variations dans l’atmosphère, on doit donc connaitre le cycle du carbone, c’est-à-dire les différents flux de carbone qui ont lieu entre les grands réservoirs terrestres.
Sur Terre, le carbone est réparti dans la géosphère, la biosphère, l’hydrosphère et l’atmosphère.

Avant l’ère industrielle, les principaux flux entre ces réservoirs étaient liés à des processus biologiques (la respiration et la photosynthèse) et à des processus de dissolution / dégazage entre l’atmosphère et l’hydrosphère.
Il existe aussi des flux plus lents, qui sont insignifiants à l’échelle humaine, mais qui ont un rôle important à jouer sur le long terme : la précipitation des carbonates et la fossilisation de la matière organique permet de piéger du carbone atmosphérique dans la géosphère, tandis que le volcanisme libère du CO2 atmosphérique.

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Certains événements naturels peuvent modifier le cycle du carbone, ce qui peut influer sur la quantité de CO2 présent dans l’atmosphère :

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Équations liées à l'altération des silicates

Au Carbonifère, la mise en place de la chaine Hercynienne et l’altération continentale qui a suivi a contribué à diminuer le CO2 atmosphérique donc à refroidir le climat.
Au Cénozoïque, l’altération intense causée par la mise en place de l’Himalaya est la principale responsable du refroidissement constaté.

-Volcanisme.

Le volcanisme émet du CO2, donc contribue à transférer du carbone de la géosphère vers l’atmosphère (cf. schéma du cycle du carbone). Plus le volcanisme mondial est intense, plus le CO2 émis sera important.
Au Crétacé, la fracturation de la Pangée est associée à un épisode de forte activité des dorsales océaniques. De plus, il y a à cette époque formation de nombreuses Provinces Volcaniques Géantes (points chauds émettant de grandes quantités de magma). Ce volcanisme intense est ainsi responsable d’une augmentation du CO2 atmosphérique, donc d’un réchauffement climatique global.

-Piégeage du carbone atmosphérique sous forme de matière organique.

Le CO2 peut être piégé dans la biosphère sous forme de matière organique. En général, la matière créée sera à terme décomposée, ce qui restituera le CO2 à l’atmosphère. Mais parfois, une faible proportion de matière organique échappe à la décomposition et se fossilise de manière pérenne dans les roches, sous forme d’hydrocarbures (charbons, pétrole, gaz naturel). Parfois, pour des raisons diverses, la fossilisation du carbone est favorisée, ce qui peut entrainer une baisse du CO2 atmosphérique.

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La forêt houillère au Carbonifère

2) Modification des courants océaniques.

La disposition des masses continentales, elle-même dépendante des mouvements tectoniques, peut influer sur la nature des courants océaniques, qui elle-même peut avoir une incidence sur le climat.

-En réchauffant les eaux océaniques, un courant faisant le tour du globe dans la région intertropicale favorise un climat global chaud (figure 1).
-Au contraire, la présence d’un courant froid autour d’un continent situé sur un pôle (courant circumpolaire), en isolant ce dernier des apports d’eaux chaudes, y favorise l’installation d’une calotte glaciaire propice au refroidissement global, notamment par augmentation de l’albédo (figure 2).
-L’existence de courants indépendants de direction globalement nord-sud (courants méridiens) favorise la mise en place des calotte glaciaires (en augmentant l’humidité au niveau des pôles), ce qui est favorable à l’installation d’un refroidissement global par augmentation de l’albédo (figure 3).

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Au Crétacé, la fracturation de la Pangée a entrainé la mise en place de passages entre les continents, ce qui a permis la formation de courants faisant le tour du globe dans la zone intertropicale. Ceci a dû contribuer à la mise en place d’un climat chaud.

Au Cénozoïque, la convergence entre les masses continentales provoque un changement dans ces courants océaniques, qui deviennent principalement orientés N/S. De plus, le continent Antarctique s’isole sur le pôle sud, autour duquel se met en place un courant circumpolaire. Ces événements ont dû contribuer au refroidissement constaté.