


-Tous les lymphocytes sont créés au niveau de la moelle osseuse.
-Une fois formés, ces lymphocytes subissent ensuite une maturation. Celle-ci s’effectue dans la moelle osseuse pour les LB, et dans le thymus pour les LT. Au cours de cette maturation, des remaniements géniques sont effectués. Ce sont ces remaniements, réalisés de manière aléatoire, qui permettent d’obtenir des lymphocytes différents, spécifiques de différents antigènes.
-Après la maturation, une sélection des lymphocytes a lieu. Tous les différents antigènes de l’organisme (appelés « molécules du soi ») sont soumis aux lymphocytes : les lymphocytes qui sont spécifiques de ces antigènes meurent par apoptose (= destruction programmée de la cellule). Cette sélection s’effectue dans les mêmes organes que la maturation, et elle permet d’éviter que les lymphocytes s’attaquent à leur propre organisme.
Dans certains cas, ces mécanismes de sélection sont défaillants, ce qui peut être responsable d’une maladie auto-immune.
-Une fois que ces étapes sont réalisées, les lymphocytes deviennent immunocompétents, c’est-à-dire aptes à assurer la défense de l’organisme. Ces lymphocytes vont alors dans la circulation sanguine, puis éventuellement dans les ganglions lymphatiques.
Création du répertoire immunitaire
1) La présentation de l’antigène.
Lorsqu’une réaction inflammatoire a lieu (cf. I/), certains leucocytes éliminent les micro-organismes par phagocytose. Certains de ces phagocytes, comme les cellules dendritiques, conservent une trace de ce qui vient d’être digéré : des antigènes sont conservés puis exprimés à leur surface au sein du CMH, une structure protéique membranaire.
Une fois que ces cellules dendritiques ont réalisé la phagocytose, elles migrent ensuite par la lymphe jusqu’aux ganglions lymphatiques, ce qui permettra de présenter l’antigène aux lymphocytes T.
Présentation d'antigènes bactériens par une cellule dendritique
2) Sélection et amplification clonale.
L’antigène présenté par la cellule de l’immunité innée pourra être reconnu uniquement par les lymphocytes T spécifiques de cet antigène, c’est-à-dire par les lymphocytes qui présentent à leur surface les bons récepteurs.
Les lymphocytes B sont eux sélectionnés par des antigènes solubles, mais ne sont pas impliqués dans les processus de présentation de l’antigène.
Il faut souvent un laps de temps assez long pour que l’antigène trouve enfin un lymphocyte capable de le reconnaître. Ce temps de latence permet entre autres d’expliquer le temps de réaction de la réponse immunitaire adaptative.
Cette étape de reconnaissance de l’antigène est qualifiée de sélection clonale.
Une fois qu’un lymphocyte reconnaît l’antigène présenté, celui-ci se multiplie par de nombreuses mitoses successives. Cette phase est appelée l’amplification clonale. A l’issue de cette amplification, on obtient de très nombreux lymphocytes identiques, qui reconnaissent tous le même antigène. L’amplification clonale est permise par la présence d’interleukines 2, molécule produite par les LTa.
3) Différenciation et action des lymphocytes.
Les lymphocytes ainsi obtenus vont ensuite se différencier en cellules effectrices : les LB se transforment en plasmocytes, les LT CD8 en LTc et les LT CD4 en LTa. Pour cela, il est nécessaire qu’il y ait des interleukines 4 produites par des LTa.
Les cellules effectrices (LTa LTc et plasmocytes) vont ensuite sur le lieu de l’infection par la circulation sanguine ou lymphatique où elles vont pouvoir agir : les LTc détruisent par contact les cellules qui présentent l’antigène ciblé à leur surface, tandis que les plasmocytes produisent de grandes quantités d’anticorps qui vont se fixer sur les antigènes spécifiques.
1) Réponse primaire et secondaire.
En cas de premier contact avec un antigène, l’organisme effectue une réponse immunitaire adaptative qu’on qualifie de réponse primaire. Si quelques temps après, le même antigène est repéré, alors la réponse immunitaire adaptative est beaucoup plus rapide et efficace. Ce type de réponse est qualifié de réponse secondaire.
A la suite d’un premier contact avec un antigène, des anticorps sont créés pour lutter contre l’antigène. Ces anticorps, qui sont émis dans le sérum, permettent parfois de diagnostiquer des infections. C’est le cas par exemple lors d’une infection par le virus du SIDA : si des anticorps spécifiques du VIH sont repérés dans le sérum, on sait que le patient est atteint. On dit que le patient est séropositif au VIH.
2) La création d’une mémoire immunitaire.
Les anticorps créés lors d’une infection fournissent une mémoire immunitaire à moyen terme (quelques mois).
Pendant la différenciation des LB, une partie devient des LB mémoires. De même, une partie des LT peuvent se transformer en LT mémoires.
Ces cellules qualifiées de « cellules mémoires » ont une très longue durée de vie (contrairement aux autres cellules effectrices). Ainsi, en cas de réaction primaire vis-à-vis d’un antigène donné, un stock de cellules mémoires spécifiques à cet antigène se forme et persiste pendant plusieurs années. En cas de nouveau contact avec l’antigène, ces cellules permettront ainsi une réponse plus rapide et plus efficace en augmentant les probabilités de rencontre avec l’antigène.
Ainsi, l’abondance relative de nos lymphocytes mémoires dépend des différentes infections qui ont eu lieu au cours de notre vie. On dit que le phénotype immunitaire évolue au cours de la vie. C’est la raison pour laquelle l’immunité adaptative est également qualifiée d’immunité acquise.